25.02.2010

De la vallée du Nalon aux rives du Niger

[...]  La plupart des pertes subies par les insurgés étaient provoquées par des tireurs embusqués sur les toits où s’étaient réfugiés des francs-tireurs et les résidus des troupes vaincues dans les périphéries de la ville. Dominant les rues du centre, la tour gothique de la cathédrale, haute de 80 mètres, où des gardes d’assaut s’étaient retranchés, était la plus dangereuse. Toutes les rues environnantes étaient exposées aux tirs de cette tour. Pour neutraliser les tireurs embusqués, les insurgés firent sauter la Camara Santa (la Sainte Chapelle) à la dynamite et prirent la cathédrale. La tour, avec son accès en colimaçon, était imprenable, mais sans nourriture et sans boisson, les tireurs étaient condamnés à se rendre.

Puis les insurgés concentrèrent leurs forces contre le siège du gouvernement civil. Ils prirent, édifice par édifice, le Trésor public, l’Évêché, le Palais de Justice, le Couvent San Pelayo, qu’ils incendièrent après avoir évacué les occupants.

Les derniers réduits gouvernementaux étaient sur le point de tomber, les casernes encerclées, les noyaux défensifs sur le point de céder. Des nouvelles parvenaient de toutes les régions d’Espagne laissant entrevoir une issue favorable aux insurgés. Le soulèvement paraissait avoir gagné toute l’Espagne. Les mineurs avaient obtenu la reddition de tous les détachements de la garde civile et de la garde d’assaut dans les vallées du Caudal et du Nalón. Une compagnie envoyée par le gouverneur pour aider les détachements de Sama était tombée aux mains des insurgés. Le 8 octobre, alors que la victoire des insurgés paraissait acquise, une escadrille survola la ville et déversa des milliers de tracts :

 

REBELLES DES ASTURIES !

La reddition sans condition et la remise des armes sous vingt-quatre heures sont l’unique manière de sauver vos vies. L’Espagne entière, avec toutes ses forces, est contre vous, disposée à vous écraser sans pitié, juste punition de votre folie ! La Généralitat de Catalogne s’est rendue aux troupes espagnoles dans la matinée du dimanche. Companys et ses complices attendent en prison que justice passe. Il ne reste plus une grève en Espagne. Vous êtes seuls et allez être les victimes de la révolution vaincue et ratée. Tout le mal que vous ont fait les bombardements aériens et terrestres n’est qu’une simple annonce de ce que vous recevrez implacablement si avant le lever du soleil vous n’avez pas déposé vos armes et renoncé à votre rébellion. Passé ce délai, nous vous détruirons sans trêve ni pitié.

RENDEZ-VOUS AU GOUVERNEMENT ESPAGNOL ! VIVE LA RÉPUBLIQUE !

 

 

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