asturies
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

27/08/2018

DE LA SAVANE A LA FORÊT VIERGE

I - À la découverte de l’Afrique


Les grands espaces et les terres sauvages l’ont toujours fait rêver. Cela a commencé très tôt avec la lecture de bandes dessinées : les comics-streeps américains, tels que Tim Tyler’s Luck et Tarzan furent ses premières lectures. Ou plutôt celles qui suivirent les traditionnels contes pour enfants. Tim Tyler’s Luck raconte les aventures de Tim Tyler, parti à la recherche de son père disparu dans la brousse africaine où il étudiait la vie des gorilles, et de Lora Lacey, une jeune Américaine à la poursuite du sinistre Spider Webb qui a volé les diamants de Kimberley et fait emprisonner son frère à sa place. Tous deux vont unir leurs efforts et trouver sur leur chemin Spider Webb qui s'est approprié le Croiseur de la Brousse, l'invention du professeur Tyler... Elle raconte aussi les aventures des deux jeunes héros chargés au sein de la Patrouille de l’Ivoire de protéger les éléphants d’Afrique contre les braconniers et les bandits de toute sorte. Il n’y a pas que les bandits, il y a aussi toutes sortes d’animaux sauvages, lions, panthères, léopards ; Tarzan véhicule le mythe du bon sauvage cher à Rousseau et à Chateaubriand. Vinrent ensuite d’autres lectures : tous les romans d’Edgar Rice Burroughs, Le livre de la jungle de Rudyard Kipling, Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre qui bercèrent son adolescence. Cette passion s’est affirmée à l’école avec les cours de géographie. Quand il dessinait la carte de l’Afrique, il imaginait les grandes savanes peuplées d’animaux sauvages au pied du Kilimandjaro aux neiges éternelles…
C’est une annonce parue dans le Moniteur des Travaux Publics qui lui a donné l’idée de tenter sa chance en Afrique. Il a envoyé sa candidature, accompagnée d’un C.V., sans trop y croire compte tenu de sa courte expérience. Contre toute attente, il a été convoqué pour un entretien.
Dans le train de nuit qui l’a conduit à Toulouse, José Fernandez n’a pas fermé l’œil. Il était trop excité. Le train arriva à la gare de Matabiau au petit matin. Comme il n’avait rendez-vous qu’à dix heures, après un petit déjeuner au buffet de la gare, il longea le canal du Midi jusqu’à l’Allée Jean Jaurès. De là, il descendit jusqu’à la Garonne le long de laquelle il flâna jusqu’à l’Ile du Ramier près de laquelle se trouvait l’adresse où il se rendait. Malgré sa lenteur calculée, il arriva avant l’heure prévue. Il fut accueilli par une charmante jeune femme blonde qui lui demanda l’objet de sa visite et l’a fait entrer dans une salle d’attente. Au bout de quelques minutes, elle est revenue et lui a dit que le directeur l’attendait.
Un homme blond d’environ trente-cinq ans, de taille moyenne, consultait un dossier assis derrière un grand bureau recouvert d’une plaque de verre. Sans lever son nez du dossier qu’il consultait, il le pria de s’asseoir. Puis, au bout de quelques instants, il se leva, lui tendit la main et se présenta : « Lutz, ingénieur-topographe. »
Il lui expliqua qu’il venait d’obtenir d’importants marchés d’études routières et de travaux topographiques en Guinée. « Un pays neuf où tout est à faire », lui dit-il. Il devait compléter une équipe déjà en place. Il le trouvait un peu jeune – il venait de fêter ses 21 ans − pour le poste à pourvoir, mais les renseignements qu’il avait obtenus de ses employeurs avaient fait pencher la balance en sa faveur. Il lui proposa un contrat d’une durée de deux ans. Le salaire n’était pas mirobolant, mais pour José ce contrat représentait l’ouverture d’un monde nouveau. Il n’a pas hésité une seconde. Il est difficile d’exprimer la joie qu’il a ressentie : l’Afrique lui ouvrait les bras. Un rêve se réalisait. Extrêmement excité, il est allé au cinéma pour calmer mes nerfs, mais son imagination galopait tellement qu’il n’a pas retenu le titre, ni le sujet du film qu’on projetait.
De retour à Paris, il s’est fait vacciner contre la fièvre jaune et la variole à l’Institut Pasteur. Puis il a fait quelques achats qui lui semblaient mieux adaptés à sa nouvelle vie : casque colonial, shorts, saharienne, saroual, ainsi qu’un ouvrage intitulé : Conseils aux jeunes géomètres et géographes qui se rendent en Afrique subsaharienne, édité par l’I.G.N. , une espèce de vade-mecum très instructif pour tout néophyte se rendant pour la première fois en Afrique subsaharienne : « Comment se protéger contre le paludisme, l’amibiase, la bilharziose ; que doit contenir la trousse pharmaceutique du broussard ; que faire en première urgence lorsqu’on est mordu par une vipère cornue, etc. » Suivait la parfaite panoplie du petit entomologiste et du naturaliste amateur.

18:16 Écrit par Astur dans Récit | Commentaires (0) |  Facebook

Écrire un commentaire