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28/08/2018

DE LA SAVANE A LA FORÊT VIERGE

 

Kankan


Le lendemain, il embarqua dans un avion d’Air France à destination de Kankan. L’avion s’éleva lentement dans le ciel, fit une grande boucle au-dessus de l’océan, survola la côte découpée de rias envahies par la mangrove, puis une zone de savane noyée qui se prolongeait latéralement au rivage, avant de survoler une savane sèche, parsemée d’acacias, de karités, de palmiers rôniers qui s’étalait à l’infini. De loin en loin, quelques toits de chaume coniques, concentrés dans un espace restreint, signalaient la présence d’un village.
Après une heure et demie de vol, au milieu d’une vaste plaine aux hautes graminées, apparut une concentration de cases coiffées de cônes de paille délavée au milieu de laquelle quelques toits de tôle ondulée scintillaient au soleil. C’était Kankan. Une large rivière aux eaux verdâtres, bordée de plages dorées, serpentait paresseusement dans la savane en contournant la ville. De hautes flammes, d’un rouge implacable, poussées par l’harmattan de l’autre côté de la rivière, dévoraient les hautes herbes et déversaient vers le ciel des torrents de fumée.

Le Milo.jpg

 

 

 

 

 

Le Milo à Kankan

Pendant que l’avion dessinait un vaste cercle et contournait la ville pour choisir l’angle d’atterrissage, une jeep courait derrière un troupeau de bovins pour le chasser de la piste. L’avion reprit de l’altitude, redessina un large cercle, revint sur la piste et se posa en soubresautant. Le pilote actionna les aérofreins, l’avion parcourut encore quelques centaines de mètres dans un grand vacarme et des tressautements qui faisaient craquer la carlingue et s’arrêta près d’un bâtiment qui faisait fonction d’aérogare.

Au sol, la chaleur était suffocante et la réverbération éblouissante. Le soleil, à son zénith, plaquait sur le tarmac une lumière crue qui obligeait à fermer les yeux. Une petite foule tout de blanc vêtue, coiffée de casques coloniaux, attendait devant l’aérogare, près de la piste d’atterrissage. Parmi la foule un garçon qui devait avoir dans les vingt-cinq ans, en chemise et short blancs, zébrés de traces noires, un casque colonial enfoncé jusqu’aux oreilles, arborait un petit panneau sur lequel le nom de José Fernandez était inscrit en lettres majuscules. José s’approchai de lui :
« Salut ! Je suppose que c’est moi que tu attends ?
– André Bastian, dit-il en lui tendant la main. Il claqua des doigts à l’attention d’un porteur et lui dit : donne-lui tes tickets pour qu’il récupère tes bagages », puis il se crut obligé de lui expliquer ses zébrures :
« Il ne faut pas t’effrayer pour mon maquillage, c’est la saison sèche et il y a plein de feux de brousse en ce moment. C’est une vieille tradition africaine pour se débarrasser de la paille sèche et faire pousser l’herbe tendre. D’un air plus affirmatif qu’interrogateur, il ajouta : je suppose que c’est la première fois que tu viens en Afrique ? »
José acquiesça d’un signe de tête. Bastian poursuivit :
« Je vais chercher la jeep pendant que tu récupères tes bagages. »
Quelques minutes plus tard, le porteur chargea les bagages dans la jeep qui attendait devant l’aérogare.
« Notre case se trouve à plusieurs kilomètres d’ici, lui dit Bastian. Nous allons traverser la ville, cela te donnera une première idée sur le cadre de vie qui t’attend ici. »
La jeep traversa la ville. Quelques rues du centre étaient bitumées, au-delà la jeep souleva un gros nuage de poussière lors de son passage. À la sortie de la ville, la jeep ralentit et entra dans une grande concession au fond de laquelle se trouvait une grande bâtisse.

17:26 Écrit par Astur dans Récit | Commentaires (0) |  Facebook

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