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02/09/2018

DE LA SAVANE A LA FORÊT VIERGE

Tarzan


En ces temps déjà lointains où le gros gibier était abondant dans cette région d’Afrique, il y avait à Kankan un guide de chasse blanc. C’était un bel athlète d’une trentaine d’années que les indigènes appelaient “Tarzan” en raison de sa ressemblance avec Johnny Weissmuller, le sensationnel champion olympique de natation dont ils voyaient les exploits dans le rôle de “Tarzan” sur les écrans des deux cinémas de plein-air que comptait ville. Il n’avait pas grand-chose à voir avec l’illustre héros imaginé par le romancier Edgar Rice Burroughs. C’était un aventurier – au sens noble du terme – qui aimait le grand-air et passait le plus clair de son temps en brousse à chasser ou à repérer le gros gibier. Sa réputation dépassait les frontières de la Guinée et recevait pendant la saison sèche quelques riches amateurs de safaris venus d’Europe se faire un gros gibier dont ils pourraient accrocher le trophée dans leur salon pour épater leurs amis. “Tarzan” donc, puisque c’est sous ce nom qu’il était connu de tous, disposait de véhicules tout-terrain, de pisteurs et rabatteurs qui connaissaient les moindres tanières de la savane. Pendant les safaris, il assurait le gîte et le couvert en pleine brousse, avec vins fins et champagne tenu au frais dans des réfrigérateurs à pétrole. Il garantissait à ses invités l’abattage d’un gros gibier : éléphant, rhinocéros, buffle, lion, léopard, pour un prix convenu d’avance. L’abattage éventuel d’un grand koudou ou de toute autre antilope était un supplément qui enrichissait les trophées des amateurs de chasse pour le même prix. Une fois l’animal abattu, les tam-tams venus d’on ne sait où répandaient la nouvelle et les habitants du village le plus proche affluaient pour se partager la dépouille de l’animal, car les chasseurs blancs n’étaient intéressés que par les trophées.
“Tarzan” se faisait une haute idée de son métier. « Dans la chasse au gibier dangereux, disait-il, celui qui organise un safari doit être capable de sortir ses clients du merdier où il les fourre. C’est pour cela que tout amateur de chasse qui vient pour la première fois en Afrique chasser le gros gibier prendra un chasseur blanc, car le guide dont un client est blessé perd ou compromet gravement sa réputation et son gagne-pain, ce qui l’oblige à garantir la sécurité de ses clients », disait-il. Il entretenait de bonnes relations avec les amateurs de chasse. Ils étaient son gagne-pain, mais il n’aimait pas que les chasseurs amènent leurs épouses ou leurs petites amies.

15:02 Écrit par Astur dans Récit | Commentaires (0) |  Facebook

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