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03/09/2018

DE LA SAVANE A LA FORÊT VIERGE

 

« Les femmes excitent les chasseurs qui prennent des ris-ques inutiles pour montrer leur bravoure », disait-il. Il fai-sait siens leurs goûts et leurs désirs, sauf en ce qui concerne la chasse : sur le terrain, c’était lui qui décidait de la manière de tuer l’animal ; il avait ses règles à lui et il n’était pas question d’y contrevenir.
José aimait se rendre chez “Tarzan” pour écouter ses récits de chasse et admirer ses trophées. Celui dont il était le plus fier était une paire de défenses de 1,75 m prise à un vieil éléphant solitaire.

Quelque temps plus tard, “Tarzan” invita José à une partie de chasse. Ils s’équipèrent pour passer deux jours sur le terrain et partirent un samedi à l’aube, accompagnés d’un pisteur porteur de fusils. Ils prirent la route de Madiana, puis la piste de Sidi-Kila. Il leur fallut toute la journée pour y arriver. Ils installèrent une tente et y passèrent la nuit. Le lendemain, ils se levèrent à l’aube et trouvèrent rapidement une piste de rhinocéros. Elle les conduisit à une mare où la bête avait bu peu de temps auparavant, puis ils remontèrent vers une ligne d'arbres qui fermait l'horizon et bientôt, à la plaine légèrement boisée où leur vision s'étendait au loin sans obstacle, succéda, non plus la brousse clairsemée, mais un fourré dense et presque continu. Leur pisteur vint les avertir que l’animal était très proche et ils marchèrent avec lenteur, scrutant de l'œil, à chaque pas. Bientôt, il leur fit signe ; José se baissa, et dans une petite clairière dont le centre était occupé par une flaque d'eau margée d'argile sèche et piétinée, il vit à trente-cinq mètres, de profil, gris comme cette argile, un grand rhinocéros qui était couché et qui venait de se lever à leur approche. Il ne les avait pas vus, ils marchaient contre le vent de sorte qu'il ne les sentait pas. Mais il n'y avait pas de temps à perdre. “Tarzan” pointa son fusil et le toucha au défaut de l'épaule. L’animal fléchit un peu sur ses jambes et s'enfuit. Il l'atteignit une seconde fois et disparut. Le pisteur s’était précipité devant eux. “Tarzan” et José le suivaient au plus près. Soudain le pisteur, s’arrêta et leur cria quelque chose : « Il dit de ne pas bouger et de faire attention » dit “Tarzan”. Ils attendirent un peu, puis ils gagnèrent un arbre à une trentaine de mètres car le fourré s'était un peu éclairci et ils se placèrent derrière ; le guide cria de nouveau d'attendre, mais “Tarzan” était impatient de voir et d'ailleurs quelques pas suffisaient maintenant. Ils entendirent des piétinements, un souffle puissant ; ils s'avancèrent encore un peu, et cette fois ils s'arrêtèrent net. “Tarzan” épaula : la bête était à quarante mètres, derrière un gros buisson ; elle s'agitait, tournait, encensait de la tête, comme cherchant un ennemi invisible. La balle dut la toucher, car le rhinocéros tomba. Ils entendirent le pisteur, d'un arbre où il était grimpé, pousser des exclamations et parler avec véhémence. Le rhinocéros, atteint à la tête, était mort.
C'était un mâle, la corne antérieure était fort belle. Il était dix heures et demie quand ils repartirent par une chaleur torride : bientôt ils virent une seconde piste, de rhinocéros, mais elle datait de plusieurs heures, dit “Tarzan” et au bout de quelques instants, vaincus par l'ardeur du soleil, dans cette brousse basse qui arrête le vent sans donner d'ombre pour la hauteur d'un homme, ils se résolurent à rentrer.

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09:38 Écrit par Astur dans Récit | Commentaires (0) |  Facebook

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