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04/09/2018

DE LA SAVANE A LA FORÊT VIERGE

Un jour ils marchèrent de longues heures sans rencontrer le moindre animal. Ils parcoururent de nombreux kilomètres dans la savane herbeuse, puis à travers des zones boisées. Ils traversèrent des bosquets de part en part qui débouchaient sur de grandes rizières avec plein de souches calcinées, vestiges de récents brûlis ; ils longèrent des rizières et derrière les rizières se trouvaient des marigots qu’ils franchirent avant de monter sur une colline d’où ils dominaient la vallée. Ils descendirent dans la vallée. Le sol était nu. Pas de broussailles. De grands arbres dont beaucoup étaient sans feuilles. De-ci, de-là, une grosse branche cassée. Bientôt l’aspect du sol changea ; quelques mamelons entièrement couverts de petites roches ; puis de belles clairières ; puis de petits épineux assez serrés. L’endroit était peu favorable à la chasse. Les épineux se resserraient de plus en plus. Le sol était couvert d’herbes jaunes, très touffues, de la taille d’un homme, qui cachaient nombre de trous ; dans ces herbes, de multiples trouées, dont chacune était le passage d’un animal. Soudain leur attention fut attirée par un feulement. Le soleil commençait à décliner et le silence s’était abattu sur la savane à moitié endormie. Guidés par le feulement, ils avançaient à pas de loup. Ils débouchèrent dans une clairière en cul-de-sac, fermée par une petite falaise rocheuse. Adossé à la falaise, un guépard tenait sous ses pattes une antilope à demi éventrée. C’était un bel animal, haut sur pattes avec le fond de sa robe d’un jaune rougeâtre tacheté de noir. Occupé à dépecer sa proie, il ne les avait pas entendus venir. Il ne les avait pas sentis non plus car ils marchaient contre le sens du vent. Lorsqu’il les vit, le guépard marqua sa surprise sans lâcher sa proie. Ses yeux étaient ronds et vifs. Puis il émit un puissant rugissement, lâcha sa proie et la gueule ouverte, montrant ses crocs, ronflant de fureur, se ramassa pour bondir. Carlos avait déjà épaulé sa carabine. La balle cueillit le fauve en pleine gueule et l’élan à peine pris s’acheva en cabriole. La force de l’impact l’avait retourné. Il fit encore un effort puis retomba sur le côté. Ses pattes se détendaient par saccades, des spasmes agitaient encore ses muscles, mais le fauve était mort.
Parfois, accompagnés d’un guide, ils faisaient de longues randonnées nocturnes. Équipés d’une torche fixée au front pour éblouir et immobiliser le fauve quelques secondes, le temps de le tirer. Ils marchaient lentement à contresens du vent pour surprendre un animal. Lorsque, après une longue marche ils tombaient sur un fauve qui paralysé par le faisceau de leurs torches, les fixait avec ses yeux phosphorescents, quelle émotion ! Seuls les yeux brillaient mais Carlos identifiait l’animal à la couleur du reflet des yeux et le nommait : guépard, serval, skunks ou simple mangouste. La surprise et la fascination étaient si grandes que José oubliait parfois de tirer l’animal.

09:33 Écrit par Astur dans Récit | Commentaires (0) |  Facebook

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