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06/09/2018

DE LA SAVANE A LA FORÊT VIERGE

Une multitude d’oiseaux, qu’on appelle gendarmes en raison de la couleur de leur robe jaune qui fut autrefois celle des baudriers de nos pandores, circulait dans un va-carme infernal à travers les nids suspendus aux branches incurvées au-dessus de l’eau. Leurs nombreuses couvées reçoivent parfois la visite d’un serpent, mais lorsqu’un nid est attaqué, ces courageux oiseaux foncent en piaillant sur l’agresseur et le dardent de leurs becs solides et pointus.
Au retour de sa promenade, il déjeuna avec ses camarades, puis M. Lutz les présenta au commandant de cercle et au subdivisionnaire des Travaux publics. Ensuite, Bastian et José firent le tour des boutiques pour acheter le plein de provisions, un jerrican de 20 litres de pétrole et un fût de 200 litres d’essence.
Le soir, un des boys du caravansérail leur présenta un can-didat au poste de boy cuisinier qu’ils lui avaient demandé de trouver.
« Chez qui as-tu travaillé dernièrement ? lui demanda Bas-tian.
– Moi, y en a travaillé chez Monsieur Pierre, le garagiste blanc.
– Tu es parti de chez Monsieur Pierre ou il t’a mis à la porte ?
– Moi malade.
– Et maintenant, tu es encore malade ?
– Maintenant, moi guéri.
– Bien, allons voir Monsieur Pierre. C’est bien lui qui vend de l’essence ?
– Oui, patron. »
Ils trouvèrent le garagiste en train de redresser un châssis de camion tout gondolé. Ils avaient déjà fait sa connais-sance dans l’après-midi. Dès qu’il vit le boy, son visage s’éclaira d’un grand sourire :
« Alors Sékou, qu’est-ce que tu deviens ?
– Ça va bien, patron. »
Le garagiste leur demanda :
« Vous comptez l’embaucher ?
– Nous avons besoin d’un boy-cuisinier. Pourquoi l’avez-vous licencié ?
– Écoutez, Sékou est un brave garçon mais il boit. Ma femme ne supporte pas un employé qui boit… Vous com-prenez, avec les gosses...
– Il boit beaucoup ?
– Il ne manque pas une occasion.
– Et si on ne laisse pas l’alcool à sa portée ?
– Écoutez, Sékou ne se soûle pas au whisky, mais au ban-gui et du bangui, y en a partout.
– Vous pensez qu’on ne devrait pas le prendre ?
– Je n’ai pas dit ça. Je dis qu’il faut le surveiller. Il ne faut pas lui donner d’avance sur salaire, mais vous pouvez vous attendre à une sacrée cuite à chaque fin de mois. Ici, c’est plus grave, on lui fait crédit et les cuites sont deve-nues trop fréquentes. De toute façon, pour aller en brousse vous n’aurez pas trop le choix. Les bons cuisiniers ne vous suivront pas. »

09:58 Écrit par Astur dans Récit | Commentaires (0) |  Facebook

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