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  <subtitle>L'auteur raconte ses souvenirs.</subtitle>
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      <title>Retour dans la vallée du Nalon</title>
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      <updated>2009-01-09T17:58:16+01:00</updated>
      <published>2009-01-09T17:58:16+01:00</published>
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                              <summary> (...) Elle se tut un moment, puis elle poursuivit :  « Tu as connu Ramón...</summary>
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          (...) Elle se tut un moment, puis elle poursuivit : &lt;br /&gt;« Tu as connu Ramón ?… Alfredo ?… Pepe ?… Olegario ?&lt;br /&gt;– Je ne m’en souviens pas. Ma mère en parle de temps en temps, mais je ne garde aucun souvenir d’eux.&lt;br /&gt;– Seul Olegario vit encore. Il faudra que tu lui rendes visite. Il a une jolie fille de dix-huit ans. Les autres sont morts. Alfredo est mort au front. Le pauvre ! Il avait tellement peur de mourir quand il a été mobilisé ! Peut-être avait-il un pressentiment ? On dit que certaines personnes sentent ces choses-là. Ramón a été arrêté par les phalangistes. On ne l’a jamais revu. On dit qu’il a été balancé du haut d’une cheminée, à la Duro-Felguera. Tu ne peux pas imaginer l’horreur, la peur qui régnait ici quand les nationalistes sont arrivés !&lt;br /&gt;– Est-ce que Ramón était politiquement engagé ?&lt;br /&gt;– Je ne sais pas. Il a été mobilisé, comme tous les hommes de 20 à 40 ans. Mais comment savoir ? La période qui a précédé la guerre était si confuse. On pense qu’il a été questionné au sujet de ton père. Il suffisait d’avoir des liens de parenté avec un homme politiquement engagé pour être inquiété. Olegario et Pepe ont été internés dans un camp de travailleurs. Ils étaient obligés de creuser les tranchées sur les lignes du front, face aux troupes républicaines. Pepe est mort peu de temps après sa libération, à la fin de la guerre, des suites d’une pneumonie contractée dans les camps. Olegario a survécu, mais il est très affaibli, très amaigri. Le pauvre ! On dirait un pantin dans son uniforme trop large pour lui. Il est gardien à la Duro-Felguera. Non, tu ne peux pas imaginer... Les mois qui ont suivi la fin de la guerre ont été épouvantables. On vivait renfermés sur soi. Les gens ne se parlaient plus, pas même pour blaguer. Ils passaient et ne s’arrêtaient plus pour bavarder comme autrefois, sur la pluie, le beau temps, la récolte, n’importe quoi. Il régnait une ambiance de méfiance et de peur d’être dénoncé. Même les curés dénonçaient les gens qui labouraient ou rentraient le foin le dimanche sachant que s’il pleuvait et si on ne rentrait pas le foin, il pourrissait sur place. Le contrevenant devait payer une amende et se taire, sinon c’était pire, on pouvait l’accuser de ne pas adhérer au Mouvement, et alors c’était la prison et des bastonnades. On parlait à voix basse des &lt;em&gt;paseos&lt;/em&gt;, ces promenades nocturnes d’où on ne revient pas. Les &lt;em&gt;paseados &lt;/em&gt;disparaissaient sans autre forme de procès. Quand Madrid s’est rendu, on pensait qu’avec la fin de ce qu’ils appelaient la &lt;strong&gt;Cruzada de libéración&lt;/strong&gt;, la croisade de libération, les choses changeraient. Grosse erreur ! C’est alors que commença une cruelle répression et la peur se transforma en terreur. On se demandait d’où pouvaient venir toutes ces dénonciations, toute cette haine, toutes ces disparitions. La guerre était finie, mais les coups de feu continuaient à retentir la nuit, soit en rase campagne, dans un ravin, soit dans des enclos éloignés des agglomérations. Parfois au pied du mur d’un cimetière. Et le matin on trouvait les cadavres. Ils ne se donnaient même pas la peine de les enterrer. » (à suivre)&lt;br /&gt;Du même auteur : &quot;&lt;strong&gt;Souvenirs de Guinée et d'autres voyages&lt;/strong&gt;&quot;, éditions EDILIVRE - en vente à alapage.com&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&quot;La vallée du Nalon&quot;&lt;/strong&gt;, éditions LE MANUSCRIT, alapage.com
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      <title>Retour dans la vallée du Nalon</title>
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      <updated>2009-01-08T16:10:22+01:00</updated>
      <published>2009-01-08T16:09:00+01:00</published>
                      <summary>  Retour dans la Vallée du Nalón    (...) – Et ta mère ? Qu’est-ce...</summary>
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          &lt;strong&gt;Retour dans la Vallée du Nalón&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(...) – Et ta mère ? Qu’est-ce qu’elle en dit ?&lt;br /&gt;– La même chose que toi. »&lt;br /&gt;Faustina se montra très déçue que j’aie vendu ma voiture avant de venir. J’ai compris que cela aurait rehaussé mon prestige… et le sien. Je commençais à reconnaître le portrait que ma mère m’en avait fait : « Ta tante attache beaucoup d’importance au paraître et au qu’en-dira-t-on. Elle a toujours aimé séduire. Même quand elle était servante, elle s’habillait en señorita. Emporte tout ce qu’il faut, elle voudra que tu sois tous les jours sur ton trente et un ».&lt;br /&gt;Mon oncle Cesario arriva peu après midi. C’était un homme grand, large d’épaules, au visage taillé au carré, au regard vif, au sourire malicieux et ironique. Il me donna l’accolade, s’enquit de mon voyage, de la santé de ma mère, qu'il ne connaissait pas, de mes frères et d’Amélia sans émotion apparente, comme si nous nous retrouvions après une courte séparation. Cesario affectait de n’attacher d’importance à aucun sujet. J’avais cependant l’impression que le ton badin dont il ne se départait jamais cachait une grande sensibilité.&lt;br /&gt;Faustina n’avait dressé qu’un seul couvert. Elle m’expliqua qu’en raison de son travail, tenu par des horaires, Cesario devait manger sans nous attendre. &quot;Nous, nous mangeons comme la plupart des Espagnols: à partir de 14 heures&quot;, m’expliqua-t-elle. Pendant le repas, Cesario me parla de son activité. Il possédait deux camions qu’il faisait tourner dix heures par jour avec un employé. Son plan de charge était assuré par un contrat avec la Duro-Felguera : &lt;br /&gt;« Ici ou tu travailles pour la Duro-Felguera ou tu es chômeur. Jusqu’à la mort de mon père, j’ai travaillé avec lui à l’exploitation d’une petite carrière qu’il possédait à Tudela de Veguin. Il m’a laissé un matériel archaïque et une carrière à moitié épuisée. Pour continuer l’exploitation, il aurait fallu remplacer le matériel. Mais le travail en carrière est dur et rapporte peu. J’ai préféré vendre la carrière et acheter deux camions neufs. »&lt;br /&gt;Après le départ de Cesario, j’ai interrogé Faustina. Que savait-elle sur la mort de mon père ? Elle ne savait rien de précis : « Ton père a d’abord été porté disparu. On n’a su que bien plus tard qu’il avait été tué. Si tu veux en savoir davantage, le mieux est que tu ailles voir ta tante de Frieres. Son fils Gabino était avec ton père quand ils ont été tués par une patrouille. » (à suivre)&lt;br /&gt;Du même auteur: &lt;strong&gt;&quot;La vallée du Nalon&quot;, &lt;/strong&gt;editions LE MANUSCRIT, alapage.com&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&quot;Souvenirs de Guinées et d'autres voyages&quot;&lt;/strong&gt;, éditions EDILIVRE, alapage.com
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      <title>Retour dans la vallée du Nalon</title>
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      <published>2009-01-07T09:45:00+01:00</published>
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                              <summary> (...) Je répondais comme je pouvais à cette avalanche de questions. Pendant...</summary>
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          (...) Je répondais comme je pouvais à cette avalanche de questions. Pendant que ma tante pérorait, j’ai embrassé mes cousines, Sonita et Marisol, qui se tenaient en retrait. Sonita était une jeune fille de dix-huit ans, Marisol en avait huit. Il s’établit instantanément entre nous un sentiment de retrouvailles ; comme si nous ne nous étions quittés que depuis peu. Les liens du sang, peut-être ? Lorsqu’elle eut recouvré ses esprits et séché ses larmes, ma tante me dit :&lt;br /&gt;« Cesario rentrera à midi. Il a tellement envie de te connaître ! »&lt;br /&gt;Elle me montra ma chambre et me fit visiter la maison dont elle était très fière. Vue de l’intérieur, la maison paraissait plus grande. Elle avait quatre chambres, un grand séjour, une grande cuisine où l’on pouvait prendre les repas, une belle salle de bains et les cabinets séparés. Les pièces étaient tapissées de papier aux couleurs bariolées. Le parquet, encaustiqué, brillait et sentait la cire fraîche. Les meubles en bois massif donnaient à l’appartement un air de confort chaleureux.&lt;br /&gt;Les premières effusions passées, nous fîmes plus ample connaissance.&lt;br /&gt;« Sonita apprend la coiffure à Oviedo. Elle part avec le premier car du matin et rentre le soir. Aujourd’hui elle a pris la journée pour être là à ton arrivée. Marisol va à l’école mais elle aussi voulait être là pour ton arrivée. »&lt;br /&gt;Elle me donna des nouvelles des autres membres de la famille que je ne connaissais qu’à travers des photos : cousins et cousines nés peu avant ou après notre départ, tantes devenues veuves et le seul oncle ayant survécu à la guerre… Puis elle me demanda de lui raconter notre odyssée : &lt;br /&gt;« Vous avez dû en voir de toutes les couleurs ! Pauvre Maria ! Raconte-moi comment ça s’est passé. »&lt;br /&gt;Je lui ai relaté notre départ du port d’Avilés, la traversée jusqu’à Bordeaux dans la cale d’un vieux rafiot par une mer déchaînée, notre transfert en Catalogne où nous avons vécu dix-huit mois dans un manoir désaffecté, l’exode après la débâcle des républicains, le franchissement des Pyrénées en février 1939, les camps d’Argelés, de Millau et pour finir notre installation à Sévérac le Château où, contrairement à ce que pensait ma tante, la vie n’a pas toujours été rose… Pour elle vivre en France c’était vivre au Paradis.&lt;br /&gt;« Et toi, que fais-tu ? Où travailles-tu ? &lt;br /&gt;– Je travaille en Afrique.&lt;br /&gt;– En Afrique ? Mais pourquoi es-tu parti dans ce pays de sauvages ? &lt;br /&gt;– Ce n’est pas un pays de sauvages. Les gens vivent autrement que nous, c’est tout. Et puis, j’aime la vie que je mène là-bas. (...)&lt;br /&gt;du même auteur : &quot;&lt;strong&gt;La vallée du Nalon&lt;/strong&gt;&quot; éditions LE MANUSCRIT - alapage.com&lt;br /&gt;&quot;&lt;strong&gt;Souvenirs de Guinée&lt;/strong&gt;&quot; Editions EDILIVRE - alapage.com&lt;br /&gt;
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